Récit

Le syndrome de la servitude volontaire

« C’est surtout dans le détail qu’il est dangereux d’asservir les hommes », avertissait il y a près de deux siècles Alexis de Tocqueville. Année après année, force est de constater que les détails se multiplient, resserrant l’étau autour de nos libertés. Aujourd’hui, Monsieur Hulot serait coursé par la police municipale pour avoir allumé sa pipe sur la plage. Françoise Sagan, flashée en grand excès de vitesse, ne pourrait plus prendre le volant. Un de Baumugnes, le héros de Giono, devrait laisser ses champs en jachère pour toucher les subventions de la PAC. Gérard Oury, le créateur de Rabbi Jacob, passerait devant les tribunaux pour incitation à la discrimination. Joseph Oller, l’inventeur génial du PMU, serait sommé d’arrêter ses activités pour cause de concurrence déloyale vis-à-vis des bookmakers. Le baron Haussmann abandonnerait ses projets, incompatibles avec le plan local d’urbanisme. Les célèbres publicités « Dubo, Dubon, Dubonnet » tomberaient sous le coup de la loi Évin. Jean-Paul Sartre, qui confiait dans Les Mots « passer des vacances au bordel », serait envoyé, conformément à la nouvelle loi, en « stage de sensibilisation à la lutte contre l’achat d’actes sexuels ». Serge Gainsbourg écoperait de 7 500 ­euros d’amende pour outrage à l’hymne national dans sa chanson Aux armes et cætera. Henri de Montfort ne pourrait plus contester la version soviétique du massacre de Katyn, du fait de la loi Gayssot. François Vatel n’oserait plus laisser ses apprentis manier un couteau. Baudelaire n’aurait pas le droit d’allumer un feu de cheminée dans sa soupente parisienne, fût-ce pour « inonder de sang cette peau couleur d’ambre ». 

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Peut-on encore redresser la france ?
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