Quotidienne

« Peuple », par Dominique Bourg

Pour le philosophe franco-suisse, ce mot est dévoyé. En démocratie, il ne renvoie pas à une entité unique mais à une majorité de citoyens, qui doit respecter certaines limites et même en inventer d’autres pour continuer à vivre sur Terre. 

« Peuple », par Dominique Bourg
Benoît Prieur / Wikimedia Commons

J’ai choisi de parler du mot « peuple », car un usage extrêmement abusif en est fait. Le peuple est l’expression institutionnelle d’une majorité de personnes qui va imposer sa volonté à une minorité ; il n’existe pas autrement. Il est très important de comprendre que dans une démocratie, pour empêcher justement la tyrannie de la majorité vis-à-vis de la minorité, sont reconnus des principes que l’on appelle les droits humains, dont on dit qu’ils sont supérieurs à l’arbitraire du souverain. Ainsi, une démocratie ne se réduit jamais à une élection, d’où le fait que ces droits humains soient marqués par la patine du temps. En France, ils sont inscrits dans le préambule de la Constitution. C’est donc quelque chose qui nous dépasse, et c’est le fondement de la démocratie.

Le peuple absolu, unique, où tout le monde se reconnaîtrait, n’est qu’un fantasme à la Poutine. Il représente toujours une diversité de situations, d’opinions, de pensées, de langues, de religions, etc. Cett

25 avril 2022