La musique enregistrée en France a connu en 2016 sa première année de croissance significative depuis 2002. Première industrie bouleversée par l’arrivée d’Internet et du téléchargement illégal, elle a dû s’adapter aux nouveaux usages et réinventer son modèle économique. Si les CD et les vinyles représentent encore près de 60 % du marché, sa croissance repose sur le développement du streaming, soit la diffusion de contenus musique et vidéo directement sur Internet via des plateformes comme Spotify, Deezer, Apple Music ou YouTube. C’est devenu une habitude pour plus d’un tiers des Français, dont les 3,9 millions qui se sont abonnés à une offre de streaming. Ces évolutions ne vont pas sans susciter des débats. 

D’abord, la rémunération des artistes. Difficile de s’y retrouver face à l’opacité et la multiplicité des modes de calcul. À en croire les moyennes réalisées par le média en ligne Les Jours, sur 1 euro dépensé dans le streaming, seuls 7 centimes vont aux auteurs, compositeurs et interprètes. 

La répartition de la manne du streaming est très inégale : 3 % des titres concentrent 80 % des écoutes, et 80 % des morceaux disponibles ne sont jamais écoutés. Cela profite avant tout aux musiques urbaines avec des artistes comme PNL, Nekfeu, Booba ou Jul écoutés en boucle.

De là, cette question : faut-il rémunérer les artistes en fonction du nombre d’écoutes comme aujourd’hui ou adopter une rémunération « par utilisateurs » qui permettrait, selon la majorité des producteurs indépendants, de mieux répartir les revenus du streaming ? 

Vient ensuite la question des accords avec les plateformes, tout particulièrement YouTube. Le reste de notre euro dépensé dans le streaming est partagé entre les plateformes (24 centimes), les labels qui financent la production de la musique (33 centimes) et l’agrégateur (12 centimes), intermédiaire entre les plateformes et les labels. Mais cela cache de grandes disparités : malgré ses milliards de vues, YouTube représente moins de 10 % des revenus du streaming. D’âpres discussions sont en cours au Parlement européen sur cette question après qu’une « taxe YouTube » a été votée en décembre 2016 au Parlement français. À suivre…  

P.V.

 

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