Le mot de...

[Chimie]

Désolée, ma chère Angela, mais il te faudra attendre encore un peu pour battre mon record. Tu ne diriges l’Allemagne que depuis novembre 2005. Moi, j’ai gouverné le Royaume-Uni onze ans et demi. Et quand je dis « gouverner », ce n’est pas une formule de style. Le thatchérisme est entré dans les manuels. Je ne sache pas que l’on parle de merkelisme.

Notre point commun à toutes les deux, et ce qui a fait notre force, c’est nos études de chimie : une licence pour moi, un doctorat pour toi. Nous avons appris à connaître les propriétés des corps politiques, leurs actions réciproques et les combinaisons qui en résultent. 

Mais j’étais la championne de l’euroscepticisme, alors que toi, tu as pris la tête de cette soi-disant « communauté » européenne qui affirme chaque jour son impuissance. On m’appelait la Dame de fer. Avec cette histoire de migrants, on dirait que tu veux passer pour la dame de cœur. Mais, ma chérie, tu es habillée comme l’as de pique ! 

Pourquoi cette tunique et ce pantalon que tu arbores en toutes circonstances ? Et cette coiffure à la Jeanne d’Arc… Mon brushing haut perché avait quand même plus d’allure ! Souviens-toi de mes chemisiers à col lavallière, de mes colliers de perles, de mes sacs griffés Launer London… J’étais la reine d’Angleterre. Elizabeth II avait beau changer de chapeau, c’est moi qu’on regardait, et en tremblant s’il te plaît ! Je possédais non seulement la chimie, mais le physique de l’emploi. Pour « porter la culotte », comme disent ces farceurs de Français, je n’avais pas besoin d’un pantalon.

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La voix du poètePromesseLouis Chevaillier