Récit

Un esclavage consenti

Un prénom écrit à la main, d’une écriture d’écolière, sur une étiquette : c’est celui d’une ouvrière et c’est le nouveau « plus » qui permet de faire monter le prix d’un sac à main. L’assurance du « cousu main » et du fabriqué en France. Dans la même boutique on propose des sacs cinq fois moins chers. Le cuir est toujours de bonne qualité mais… fabriqué en Roumanie… et personne ne saura le prénom des « petites mains » payées une misère…
Je soupire. Tout cela n’est pas surprenant. Je ressors les mains vides et dans ma tête ça martèle. Mais pour qui nous prend-on ? À quelque bout de l’histoire qu’on se trouve. 
À quoi pense-t-elle, Christelle, quand elle écrit pour la nième fois son prénom sur une belle étiquette ? Ce prénom, sa propriété intime, choisi par des parents pour toute une vie, fait désormais partie d’une stratégie de vente. Il y a, à devoir ainsi livrer son prénom, quelque chose d’infantilisant, de faussement familier et qui rappelle étrangement un rapport d’un autre âge à la domesticité.

[…]

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Cet article est tiré du numéro Faut-il brûler le Code du travail ?
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