Chose...

Le lion et le renard

Le Roman de Renart, Paul Jouve, 1959
© RMN-Grand Palais / Thierry Ollivier © ADAGP, Paris 2015
Le Roman de Renart, Paul Jouve, 1959
© RMN-Grand Palais / Thierry Ollivier © ADAGP, Paris 2015

C’est une maxime politique qu’il faut prononcer avec une pointe d’accent provençal : « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ! » Succès imparable : tout le monde sourit d’un air entendu. Longtemps, on en a attribué la paternité à monsieur Pasqua, premier flic de France, qui la tenait lui-même du président Chirac, qui l’avait empruntée au brave Henri Queuille (1884-1970). Un homme politique corrézien précisément resté dans l’histoire pour ce bon mot…

Autrement dit, que personne ne soit dupe. Dans le domaine hautement concurrentiel du pouvoir, la transparence n’est pas une vertu mais une faiblesse, et le mensonge une arme maîtresse. Voilà la triste vérité : l’intelligence ne suffit pas à susciter l’adhésion des citoyens. Il faut y ajouter la ruse.

C’est ce que Machiavel avait fort bien illustré en suggérant au Prince de conjuguer la puissance du lion et du renard. Le lion pour pouvoir lutter contre les loups (les hommes) ; le renard pour éviter de s’empêtrer dans les rets (la loi et les règles) tendus par ses ennemis et, pourquoi pas, de flatter chacun opportunément. Cela nous rappelle un autre renard :

Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage…

On connaît la suite. Nous sommes tous, un jour ou l’autre, un peu comté ou un peu chèvre. 

[…]
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