Chose...

Pardon ? Oui, pardon.

La Justice et la Paix, Palma le Jeune (1544-1628)
© Archives Alinari, Florence, Dist. RMN-Grand Palais / Mauro Magliani
La Justice et la Paix, Palma le Jeune (1544-1628)
© Archives Alinari, Florence, Dist. RMN-Grand Palais / Mauro Magliani

À présent, qu’est-ce qu’on fait ? Tout un pays qui se pose la question. Et nous dedans, des nuits à en parler, à remonter les fils de l’Histoire. Les yeux rouges, elle a dit : la fermeté bien sûr, mais il faut aussi demander pardon aux quartiers. Oui, aux quartiers.

Pardon ?

Pour tout ce qui a été mal fait et pour tout ce qui n’a pas été fait.

Demander pardon !

Oui, c’est un mot si simple. Dès qu’on le dit tout est changé. Et une fois qu’on l’a dit plus besoin de le redire, la rancœur est moins lourde, on peut se mettre à travailler tous ensemble.

J’imaginais l’exécutif demander pardon aux quartiers. Non mais, les quartiers, ça n’est pas les camps, on va où là ? Tu verras, ils n’ont pas le choix. C’est le moment. C’est la seule chose à faire. Et puis le lendemain le Premier ministre a lâché le mot « apartheid ». Il y a eu un grand silence. J’ai vu des visages s’éclairer d’un sourire, comme si l’injustice avait été enfin reconnue. Tu vois, je t’avais dit, ils ont compris qu’il fallait aussi s’excuser.

Alors deux autres mots m’ont traversé la tête. Transparence et réconciliation. Les deux mots que Mandela a sortis quand son grand pays cassé en deux s’est tourné vers lui en demandant : À présent, qu’est-ce qu’on fait ? 

On va tout se dire, même les choses les moins reluisantes, on va rassembler toutes nos histoires en une même Histoire. Transparence et réconciliation : et si c’était par ces deux mots-là qu’il nous fallait passer pour redonner vie et éclat aux trois grands mots rouillés qui patientent au fronton de nos mairies ? 

[…]
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