De la maternelle à l’université

Les sciences religieuses participent au perpétuel questionnement qui prévaut dans les lieux de savoir. Nous pouvons nous enorgueillir d’un approfondissement sans exclusive ni limite, au sein d’une communauté enseignante qui n’a rien à envier aux humanistes de la Renaissance. Nous disposons d’un formidable arsenal pacifique qui profite de la complémentarité nécessaire entre les sciences humaines. C’est dans leur giron que doit être intégré l’enseignement du « fait religieux ». Et ce dans la longue durée d’une histoire des civilisations qui souffre d’amputations chronologiques rendant inexplicable la très lointaine origine des fanatismes contemporains. 

Il pourrait donc sembler facile de mieux enseigner à l’école cet ancrage historique et social du fait religieux. Mais les inégalités entre les établissements n’ont cessé de grandir. Les cloisons de verre entre les établissements, et même en leur sein, sont légion : entre des établissements de typologie différente, entre les catégories d’enseignants, entre les métiers enseignés, entre les élèves, entre les disciplines et leurs horaires, entre les lieux d’implantation des établissements entre les catégories socioprofessionnelles des parents, entre le « ressenti » de celles et ceux qui y travaillent, les uns dans le goût d’enseigner, les autres dans les difficultés et les doléances restées sans réponse. Des solutions rapides s’imposent pourtant : faire de la formation des enseignants un impératif catégorique. Plus que jamais, il faut renouer les liens distendus entre « la maternelle et l’université », rompre avec les hiérarchies de l’Éducation éloignées des réalités de terrain, peu conscientes des inégalités et des déséquilibres installés dans notre pays. La formation initiale des nouveaux enseignants doit permettre d’éviter les écueils accumulés des premières nominations (distances, logement, « mauvaises classes », salaire faible), avec pour conséquences la démotivation, la lassitude, l’abandon et le manque de vocations. Point n’est besoin de rapports et d’expertises prompts à loger dans les tiroirs, mais d’un espace de liberté offert à ceux qui souhaitent faire participer tous les élèves aux grands débats de l’époque, étape essentielle à leur formation, à leur existence et leur destin avec tous les « citoyens du monde ». 

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