Grand entretien

« Le mot clé de sa vision politique, c’est “rassemblement” »

De Gaulle est-il entré de plain-pied dans l’histoire dès le 18 juin 1940 pour n’en plus jamais sortir ?

De Gaulle apparaît, dans le champ politique, comme la seule individualité proprement « historique ». Certes, d’autres hommes d’État ont marqué leur siècle – je pense en particulier à Georges Clemenceau –, mais aucun n’a bénéficié d’un lustre comparable. C’est le 18 juin 1940, effectivement, qu’il entre véritablement dans l’Histoire, mais, ce jour-là, il est peu entendu. C’est l’exode ! et les Français n’ont pas encore pris l’habitude d’écouter Radio Londres. Il deviendra rétrospectivement « l’homme du 18 Juin » quand il sera reconnu, grâce à Churchill, comme le « chef de la France libre ». À tout jamais, il restera celui qui a dit non face à Pétain, qui préparait et signa bientôt l’armistice. Il relève la France de l’humiliation ; il fouette en elle l’esprit de résistance : c’est le symbole du 18 Juin.

De Gaulle a-t-il souhaité bâtir un mythe de son vivant ? 

Cela n’est pas niable. Il croit certainement être l’élu de Dieu, mais il l’imagine aussi pour la France, promise à « une destinée éminente et exceptionnelle ». De Gaulle croit à la puissance du mythe. Il connaît certainement les théories de Georges Sorel ; il est de la génération qui a lu ce théoricien du mythe-force, tout comme elle a lu Bergson. Le mythe, c’est une organisation d’images qui évoque instinctivement une grande idée. Discours inutile : un nom suffit. C’est la fusion de ce nom avec la patrie. De Gaulle, c’est la France ! Il est certain que le Général a sculpté son personnage. La mise en scène de ses conférences de presse télévisées, ses discours sur toutes les places de France, ses reparties célèbres, son ironie féroce, l’art de troquer le costume civil pour le costume militaire et inversement : il veut agir sur les sentiments et les émotions autant que sur la raison de ses compatriotes. Plus tard, quand il écrira ses Mémoires, il n’hésitera pas à parler de lui à la troisième personne, comme César.

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De Gaulle, 50 ans après
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