La voix du poète

L’oméopathie

Jules Verne (1828-1905)

Les fougueux partisans du savant Hippocrate
Voient avec trop d’horreur ces médecins nouveaux,
Qui donnent pour guérir ce qui cause les maux,
Et se sont décorés du mot : Oméopathe !

Les anciens médecins de colère ponceaux
Veulent les transformer en sujet d’Harpocrate !
Pour leur mettre une corde en guise de cravate,
Ils cherchent en hurlant des gibets, des bourreaux !

Oh ! ne vous pressez pas, médecins trop barbares !
Ne vous comportez pas comme de vrais Tartares !
Le remords vous viendrait ensuite sans retour !

La question est-elle approfondie ?
Ne faut-il pas traiter sic quelque maladie ?
Comment peut-on guérir l’amour ? Avec l’amour !

Dès 1835 en France, l’Académie de médecine dénonce l’homéopathie. Dans ce sonnet de 1847, le jeune Jules Verne regrette le silence d’Harpocrate auquel on veut astreindre ces docteurs nouveaux. Quarante ans plus tard, dans un autre de ses rares poèmes, il célébrera le divin baume de la « Sainte Morphine ». 

Jules Verne, Poésies inédites, Le Cherche-Midi, 1989

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