La voix du poète

Courage

D.H. Lawrence (1885-1930)

Ce qui rend les gens malheureux
c’est qu’ils acceptent les mensonges.

Si les gens avaient du courage et refusaient les mensonges
et découvraient ce qu’ils sentent vraiment, veulent vraiment
et agissaient conformément à cela,

Ils distilleraient de chaque expérience l’huile essentielle
comme des noisettes en automne qui deviennent
douces et pleines.

Et les jeunes au milieu des vieux
seraient comme dans une forêt de noisetiers en septembre
ils ramasseraient les noisettes, les fruits de la riche expérience.


Mais comme cela, ce que les vieux peuvent offrir
ne sont que fruits aigres, amers, corrompus par le mensonge.

L’Amant de Lady Chatterley fit scandale par son érotisme. Mais D.H. Lawrence est iconoclaste aussi en politique. Critiquant une bonne société sclérosée, mais également une démocratie inattentive à la nature, et nivelant vers le bas. Fils d’un mineur, il demanda ironiquement à Dieu : « Quand apprendras-tu aux gens à se sauver eux-mêmes ? » 

 

Pensées, recueilli dans Poèmes, traduit de l’anglais par Sarah Clair et Lorand Gaspar © Éditions Gallimard, 1996

 

[…]
Haut de page

Tous les numéros du 1

Sommaire
La voix du poèteCourageLouis Chevaillier
Le mot de...[Exit]Robert Solé