Enquête

La fabrique des séries

Longtemps dénigrées, taxées de ringardise, les séries françaises prennent un nouvel élan. De l’idée originale à la diffusion, comment fabrique-t-on un succès ? Visite guidée dans les coulisses des séries qui nous rendent accros, par ceux qui les écrivent, les produisent, les réalisent et les incarnent.

1. L’impulsion

Elles arrivent en flux tendu, intarissable. Au fil des mois, les propositions de séries s’entassent sur le bureau d’Emmanuel Meledo. En tant que directeur littéraire de la société de production Elephant Story, son rôle consiste à évaluer les propositions de scénaristes. « Je lis en permanence – en moyenne sept scénarios par semaine –, je sélectionne, je fais des notes d’analyse, et on en parle entre nous », explique-t-il. Parmi les idées passables, déjà vues ou trop farfelues, il cherche la pépite. Comme l’affirme Fanny Herrero, scénariste en chef de la série Dix pour cent : « Une bonne série, c’est comme un bon roman. Il faut qu’elle ouvre une fenêtre sur une vision singulière du monde, une vision qui va surprendre, émouvoir. » Sur les 130 projets étudiés par Emmanuel Meledo ces six derniers mois, seuls trois ont fait l’objet d’une option. En fonction du prestige du créateur et du budget potentiel de la série, l’option varie de quelques centaines d’euros, à plusieurs dizaines de milliers, la moyenne s’élevant plutôt à un millier d’euros. « On obtient alors l’exclusivité pendant un an, un an et demi, pour présenter le projet aux diffuseurs et les convaincre de l’acheter », précise-t-il. 

2. Le financement

Car sans les diffuseurs, point de série ! Grâce à leur apport financier, les chaînes et les plateformes en ligne comme Netflix ou Amazon Prime Video mettent sur la table la majeure partie du budget de production. « Nous finançons nos séries à hauteur d’au moins 70 %, explique Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction chez Canal +. C’est pourquoi nous tenons à accompagner les projets très en amont. » Pour les quelque 30 % restants, c’est au producteur de les réunir en déposant des demandes de subvention auprès du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), des régions et de divers donateurs, dont les noms défileront au générique. 


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Séries : pourquoi elles nous rendent accros
Cet article est tiré du numéro Séries : pourquoi elles nous rendent accros
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