La voix du poète

Les médecins

Jean de La Fontaine (1621-1695), Fables choisies et mises en vers, livre V, Fable XII, 1668

Le médecin Tant-Pis allait voir un Malade
Que visitait aussi son Confrère Tant-Mieux.
Ce dernier espérait, quoique son Camarade
Soutînt que le Gisant irait voir ses aïeux.
Tous deux s’étant trouvés différents pour la cure,
Leur Malade paya le tribut à Nature,
Après qu’en ses conseils Tant-Pis eut été cru.
Ils triomphaient encor sur cette maladie.
L’un disait : Il est mort, je l’avais bien prévu.
S’il m’eût cru, disait l’autre, il serait plein de vie.

Les médecins se sont prescrit une étude infinie, explique La Fontaine. Et ils errent lorsqu’ils négligent un seul point. Dans Le Poème du quinquina, l’écrivain fait l’éloge d’une nouvelle plante médicinale, contre purges et saignées. Dans la fable ci-dessus, il critique l’orgueil de docteurs de l’époque, indifférents à leurs malades. 

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