La voix du poète

À un président

Walt Whitman (1819-1892), Traduction de Jacques Darras dans Feuilles d’herbe © Éditions Gallimard, 2002

Tout ce que tu es en train de faire et dire sont mirages qui pendent au nez de l’Amérique,
Tu n’as rien appris de la Nature – n’as tiré aucune leçon politique de sa grande amplitude, rectitude ou impartialité,
N’as pas vu que c’étaient les seuls besoins réels de l’Amérique
Et que toute contribution inférieure à cela serait tôt ou tard rejetée par l’Amérique.

All you are doing and saying is to America dangled mirages,
You have not learned of Nature – of the politics of Nature, you have not learned the great amplitude, rectitude, impartiality,
You have not seen that only such as they are for These States,
And that what is less than they, must sooner or later lift off from These States.

Dans le torrent de ses vers, Walt Whiman charrie les rêves pas encore usés de la démocratie. En 1860, il s’en prend au président démocrate James Buchanan, coupable de compromis avec les esclavagistes. À l’opposé d’une Nature perçue comme juste et équitable. Et du héros à venir, Abraham Lincoln – « Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! » 

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