Le mot de...

[Mobilité]

Paul-Jean était un citroënniste absolu qui ne jurait que par la marque aux chevrons. Il fallait l’entendre vanter la suspension de sa 2CV ou la silhouette de son Ami 6 ! Et ne parlons pas de la DS, sa déesse, qui lui semblait être le summum de la locomotion, la fin de l’histoire automobile ! À propos de Peugeot ou de Renault, il disait en se bouchant le nez : « Je ne suis pas raciste, mais… »

Un jour, pour une raison inexpliquée, Paul-Jean a acheté une Simca 1000, à la stupéfaction des membres de son club Citroën. Les plus indulgents l’ont pris pour une infidélité passagère, mais quand cet amant volage a succombé aux charmes de la Renault 16, on a compris que le monde avait changé.

Depuis lors, Paul-Jean n’a cessé d’aller voir ailleurs. C’est le plus offrant qui l’emporte. En 2015, il a préféré le Qashqai de Nissan au Tiguan de Volkswagen pour une histoire de siège conducteur électrique, chauffant et massant, avec réglage lombaire et matelassage 3D. Son nouveau crossover se gare tout seul. Demain, sans doute, il se lavera, se réparera et se revendra en toute autonomie.

« Et si vous montiez en gamme ? » lui suggèrent systématiquement les concessionnaires des différentes marques. Paul-Jean prend volontiers toutes les options, qui n’alourdissent son loyer mensuel que de quelques dizaines d’euros. Car l’ex-citroënniste a adopté la location et change de véhicule tous les trois ans. Il n’a plus du tout l’instinct de propriété, lui qui bichonnait sa vieille traction bicolore comme un enfant. Dimanche dernier, il a même été jusqu’à céder à son épouse le volant de la Volvo XC40 automatique à commande électrique impulsionnelle. 

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