Ailleurs, ça se passe comme ça

Israël : une puissance numérique

Waze, l’application mobile de navigation GPS qui a mis les TomTom et autres Coyote au rancart ? La start-up, fondée en 2008 par trois jeunes Israéliens, a été rachetée cinq ans plus tard pour près d’un milliard de dollars par Google. Waze incarne la réussite spectaculaire de l’industrie du high-tech en Israël. Intel, IBM, Microsoft, Cisco, Oracle, puis plus récemment Apple, eBay, Google, Amazon et des dizaines d’autres ont acquis des start-up israéliennes. Aujourd’hui, Alibaba, Baidu, Kuang-chi, tous les géants chinois des nouvelles technologies, sont eux aussi présents en Israël, où le montant des investissements étrangers dans ce secteur a atteint le milliard de dollars en 2016. 

Autour de Tel Aviv, le Silicon Wadi – « l’oued du silicium », son surnom en Israël – a vu se créer des milliers de start-up. De la robotique aux métamatériaux, des sciences de la vie à l’alimentaire, sans oublier la communication et, forcément, la cybersécurité… tous les secteurs industriels sont concernés. Mais le premier d’entre eux reste le militaire. Exportateur d’armements, Israël est devenu le champion du drone. Un très grand nombre de sociétés de high-tech israéliennes ont été impulsées et financées par l’industrie militaire. Le lien de l’armée avec les laboratoires de recherche et les universités est la clé du succès israélien, incarné par le Technion, classé depuis des décennies parmi les dix meilleurs établissements universitaires au monde. Aujourd’hui, sur le marché américain des valeurs technologiques (le Nasdaq), Israël est, après la Chine, le second pays en nombre de sociétés cotées. 

Si l’on ajoute qu’en quelques décennies Israël a basculé du socialisme de ses fondateurs à une économie ultralibérale où les inégalités battent des records, on aura saisi les deux clés de la réussite de cette Californie moyen-orientale. 

[…]
Haut de page

Tous les numéros du 1

Sommaire