Portrait

Fabrice et son « taf de Roumain »

Pendant un an, le journaliste a enchaîné les contrats dans des entreprises du Nord de la France aux côtés de travailleurs précaires et sous-payés. De cette expérience, il a tiré un livre, Les Enchaînés à paraître aux Arènes. Il revient ici sur sa rencontre avec Fabrice, ouvrier chez Cémoi. Un portrait vivant et sensible.

« Salut Bulot, ça va ou quoi, ma gueule ? Ouais, on se voit, ce serait cool depuis le temps. Passe chez moi. »

Depuis qu’il sait que je suis né près des plages, il m’a toujours appelé ainsi. Bulot. Parfois ai-je droit à Bigorneau ou à Bernard l’hermite. Il s’en amuse.

J’ai choisi de l’appeler Fabrice. Un pseudo utile, surtout depuis qu’il m’a dit que si je racontais sa vie, il n’hésiterait pas à « m’éclater la gueule », moi, le « sale journaliste de merde ».

J’arrive dans sa ville située dans l’agglomération lilloise. Un centre tout de briques rouges et un parking de la Poste vidé par un dimanche pluvieux. Lui marche au loin et ses bras musclés et ses épaules imposantes se balancent dans le vide. Fabrice rit, un grand rire sonore et gai, laissant entrevoir ses belles et grandes dents blanches. Il a coupé ses cheveux, seule subsiste sur le sommet de son crâne une longue tignasse brune ondulée qui lui donne des airs de Nicolas Sirkis, le chanteur d’Indochine.

« T’as vu Bulot, j’ai mis ça : The last white tee-shirt, ça veut dire le dernier tee-shirt blanc, il est beau non ? ça m’fait bizarre de porter ça. Moi, j’suis toujours dégueu. J’suis un putain de Gitan. »

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