Parti pris

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Méchant méchant,
Niki de Saint Phalle, 1993
 © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Michael Herling © Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris 2017
Méchant méchant,
Niki de Saint Phalle, 1993
© BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Michael Herling © Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris 2017

Longtemps, la société civile s’est posée en s’opposant à la société militaire. Ou à l’Église. Ou à l’État. Aujourd’hui, la société civile se conçoit en regard du monde politique. De l’avis général, les élus et les ministres seraient bêtes et méchants, incompétents et corrompus ! Il serait donc urgent de sortir les sortants, selon la formule consacrée.

Ainsi sera fait pour une double raison. D’abord, la loi sur le non-cumul des mandats, votée par les parlementaires bêtes et méchants en janvier 2014, va s’appliquer pour la première fois. Du coup, ce sont près de 170 députés sur 577 qui renoncent à briguer un nouveau mandat dans leur circonscription. Ensuite, comme nul ne l’ignore, quelque 500 candidats de La République en marche ! se présentent aux prochaines élections législatives. Et plus de la moitié viennent de la société civile ! Ils n’ont jamais été élus, ils n’ont pour l’instant vécu que de leurs métiers, et ils comptent dans leurs rangs autant de femmes que d’hommes. Qui dit mieux ?

Des voix timides font cependant observer que la société civile n’a pas réponse à tout. Pour une Simone Veil, un Raymond Barre, un Robert Badinter (et cela fait déjà beaucoup), bien des nouveau-nés de la politique n’ont pas su maîtriser leur communication, se faire obéir de leur administration et garder à l’esprit la vision qui les habitait. C’est que régner demande aussi des compétences. Peut-on encore se risquer à dire que c’est un métier ? 

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