Parti pris

Guerre et paix

Lors d’une récente conférence de rédaction, alors que nous discutions de ce numéro sur la politique étrangère de la France, Michel Foucher, géographe et ancien ambassadeur, nous rappela que sous l’Ancien Régime, le ministre en charge des affaires du monde rédigeait un rapport annuel pour le roi afin de l’éclairer sur ce qu’il convenait de faire et de ne pas faire. On appelait cette liste de bons conseils l’« aide-mémoire au roi ». Le ministre le commentait à Sa Majesté, qui avait tout loisir de n’en faire qu’à sa tête. Il ne nous a pas fallu réfléchir longtemps avant de demander à Michel Foucher de se plier à cet exercice. Il faut lire ses recommandations dans notre poster et celles de Dominique Moïsi dans l’entretien qu’il nous a accordé.

Sans vouloir accabler l’Élysée de trop de suggestions, ajoutons notre grain de sel ! Tout d’abord en rappelant que nous pesons 2 % du PIB mondial et 1 % de la population terrestre. Ce qui signifie – discours inaudible il y a encore quelques mois – qu’il n’y a pas de salut hors de l’Union européenne. Avec elle, notre puissance symbolique retrouve un sens et une portée. Sans elle, nous déclinons irrémédiablement. Ensuite nous devrions nous souvenir que la guerre brûle aux portes de l’Union. Guérillas, combats et tragédies prolifèrent dans un rayon de 3 à 6 heures de vol de Paris. En avons-nous bien conscience ? « La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer », disait l’autre jour l’écrivain Sylvain Tesson sur France Inter. À méditer. 

 

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