Le mot de...

[Du balai !]

Pour protester contre un projet de loi remettant en cause le secret des sources d’information, tous les journalistes de France sont depuis hier en grève illimitée. Ce mouvement sans précédent intervient à quelques jours de l’élection présidentielle. L’absence des médias faussera-t-elle le scrutin ?

Faute de presse écrite, de radio et de télévision, l’actualité politique n’est plus traitée que sur les réseaux sociaux. Avec d’immenses avantages.

L’information est devenue beaucoup plus rapide, pour ne pas dire instantanée. Les internautes qui s’y livrent ne perdent pas de temps en d’inutiles vérifications. Tout citoyen qui le désire est désormais journaliste. Il peut communiquer, analyser et commenter à sa guise ce que bon lui semble, sans aucune conséquence. La démocratisation se vérifie aussi dans l’absence de hiérarchie entre les informations : tout est mis sur le même plan, qu’il s’agisse d’un programme économique ou d’une rumeur sur la pratique sexuelle d’un candidat.

Autre progrès appréciable : l’information n’est pas polluée par la compétence d’un spécialiste. Elle bénéficie du regard neuf de profanes, qui n’ont pas travaillé sur les élections précédentes et n’ont souvent aucune connaissance du monde politique.

Comme dans un bon thriller, qui peut mal finir, le public est embrouillé au maximum, grâce à de fausses pistes, des informations erronées et l’annonce permanente de complots en tout genre. Jamais débat présidentiel n’a été aussi excitant. Les journalistes professionnels, qui, finalement, ne servent à rien, peuvent continuer leur grève. Personne ne viendra les chercher. 

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