Le mot de...

[Matraquage]

– Vous vous intéressez à la vie politique ?

– Oui, beaucoup.

– C’est curieux.

– Et pourquoi donc ?

– Mais parce que les Français s’en détournent complètement ! 

– Qu’est-ce qui vous autorise à dire ça ? 

– Mais enfin… Écoutez, lisez. Comment pouvez-vous douter du désintérêt des citoyens pour la politique ?

– Je constate, au contraire, que les journaux, les radios et les télés consacrent une place considérable aux luttes pour le pouvoir. J’ai du mal à croire que les médias, qui sont obsédés par l’audimat, s’ingénient à offrir à leur public ce qui ne l’intéresse pas. 

– Admettons que ce combat de gladiateurs qu’est l’élection présidentielle, avec tous ses coups tordus, intéresse le public. Mais ne constatez-vous pas la défiance des Français, pour ne pas dire leur écœurement, à l’égard de ceux qui les gouvernent ?

– Je constate qu’on n’aide pas toujours les uns et les autres à se comprendre. Que d’interviews inutiles pour arracher aux responsables politiques une petite phrase polémique sur des bisbilles internes à un parti ! Alors que les mêmes intervieweurs leur reprochent « de ne pas parler de l’essentiel ». 

– Le système est en crise. 

– Peut-être, mais qu’on arrête de marteler ça, du matin au soir, en nous assurant que la France est le seul pays d’Europe à connaître un tel désastre ! Qu’on cesse de répéter que nous avons la droite et la gauche les plus bêtes du monde, tout en dénonçant le Front national, qui veut tout jeter !

– Vous avez l’air de penser…

– Oui, que tout n’est pas pourri, et que malgré tout ce qu’on sait et tout ce qu’on dit, la politique est de meilleur niveau en France que dans bien des démocraties. 

[…]
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Ailleurs, ça se passe comme ça Ailleurs, ça se passe comme çaManon Paulic