Récit

Le capital ne parle plus

On le savait déjà, clignent de l’œil certains demi-habiles : fille aînée du capital, la presse n’est pas libre et ne l’a jamais été. Pas plus hier, sous le règne de messieurs Lagardère et Dassault, qu’aujourd’hui, sous les habits neufs de messieurs Niel et Drahi. Un mois après la parution du Monde libre, livre sur la destruction d’un monde qui m’aura tôt déçue, mais que j’aurai jusqu’au bout espéré changer, je l’ai souvent entendue, cette phrase-là. Et pourtant non, tout le monde ne « sait » pas au sein de la presse, ou plutôt ne veut pas savoir, c’est même là l’un des plus importants verrous du système. Dans les médias, les ressources du déni sont encore immenses, peu de journalistes veulent bien reconnaître, même portes fermées, les répercussions sur leur travail du rachat de leurs titres par de grands groupes industriels. « Ici, nous n’avons pas de problèmes de ligne », assure tel journaliste d’un célèbre quotidien. « Jamais on ne m’a dit de ne pas écrire ça », jure un autre la main sur le cœur. Et le pire c’est que c’est le plus souvent vrai. On n’a même pas eu besoin de leur demander. Ils se sont exécutés d’eux-mêmes.

Quelque chose pourtant indique que le temps de cette innocence frelatée est lui-même en train de passer. S’il est vrai que le pouvoir c’est l’abus, récemment les tycoons sont allés si loin en France, si toujours plus obscènement loin dans la brutalité qui se passe désormais de mots, qu’au passage ils auront réveillé quelques somnambules. Il faut ainsi espérer que la grève à iTélé, la plus longue de l’audiovisuel depuis Mai 68, laissera des traces dans les consciences d’un milieu battant désormais des records dans le domaine de l’humiliation et des purges sociales. (...)

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