Le portrait de Mme Précilda de Guillebon (1959)

C’est en recevant la commande d’une effigie de Mme Précilda de Guillebon, l’épouse du directeur de l’École polytechnique, que Christo fera la connaissance de sa fille : Jeanne-Claude. Ensemble, ils partageront une existence entière et des ambitions artistiques d’une incroyable audace. Mais, à l’origine, Christo est un jeune réfugié bulgare qui a reçu une formation classique et dont les œuvres du début dénotent d’évidentes qualités de dessinateur et de portraitiste. Ici, il signe certes des effets de matière très vifs, aux limites du grumeleux, mais ne cède jamais à un expressionnisme furieux : les proportions sont respectées, les accords chromatiques entre les gris-bruns, les rouges et la carnation de la peau se montrent d’une grande justesse. Si déchaînement et bouillonnement il y a, ils sont comme contenus dans la fermeté élégante de la bouche fermée et du regard bleu du modèle. Sans aucun doute, Christo aurait pu être un grand peintre. Il fera mieux : il deviendra un immense artiste.