Dans cette grande toile conservée au Louvre, Watteau dépeint un élégant cortège en toilettes soignées et colorées : c’est la haute société, tout heureuse de faire un pèlerinage sur l’île de Cythère – une île, en Grèce, connue pour son culte à la déesse de l’amour Aphrodite, dont la sculpture, ceinte de roses, trône à droite. L’œuvre est un éloge de l’ivresse sensorielle, de l’ataraxie (la tranquillité de l’âme chère à Épicure), mais la nature environnante est traitée dans des verts, des bleus et des gris suffisamment pastellisés pour laisser poindre une mélancolie diffuse. C’est très gai et c’est en même temps un peu triste. C’est triste parce que, on le sait, la gaiet

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