« Emmenez-moi au bout de la terre » : cette chanson d’Aznavour m’embarque. Elle me rappelle le jour où j’ai largué les amarres lors de mon premier Vendée Globe, le 3 novembre 1996 aux Sables-d’Olonne. J’avais l’enthousiasme d’une enfant qui joue aux pirates, aux corsaires, et qui s’écrie : « Je pars faire le tour du monde ! »

Sur ce premier Vendée Globe qui a duré cent quarante jours, j’avais parfois le sentiment que j’en avais pris pour perpétuité sans voir la terre. L’eau défilait sous ma coque et j’avais l’impression de ne pas avancer. Pour m’évader de cette mer qui m’impressionnait dans les tempêtes et m’échapper de mon bateau, j’écoutais de la musique. Je contemplais aussi les reproductions de Van Gogh et de Gauguin que j’avais scotchées dans le bateau. Les harmonies de couleur de leurs tableaux m’apportaient de l’énergie. J’ai surtout lu vingt livres ! Isabelle Autissier m’avait offert Le Vagabond des étoiles. Ce roman de Jack London raconte l’histoire d’un prisonnier qui passe des jours entiers enfermé, vêtu d

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