2 octobre 1914

Mon petit frère chéri,

 

Ta lettre m’a vivement ému. Nous traversons un dur moment de notre vie. La parade des sentiments profonds n’est pas notre affaire. Nous avons le respect de ce que nous ressentons. Pourtant il y a des jours où il faut se dire une parole, comme tu as fait. Je suis content que tu aies déchiré le léger voile dont nous enveloppons tous deux notre affection.

Je t’aime de toute l’affection de mon cœur. Il n’y a pas autre chose à dire. Et parce que je t’aime ainsi, je souffre de te voir au feu. J’aurais dû (je me le dis souvent) t’empêcher d’y aller, au lieu de seconder ton désir et je me ferais de bien amers re

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