Le mot Europe est « un nom flottant et qui pendant longtemps n’a pas su sur quelles réalités exactement se poser », notait l’historien Lucien Febvre en 1944. La multiplicité des sens est source de confusion :  on mêle les termes par paresse intellectuelle (« Europe » à la place de « Commission de Bruxelles », « Union » ou « continent ») ou par propagande (« valeurs européennes » mises en avant par l’orthodoxe Poutine qui s’en voudrait le gardien, pour mieux discréditer la modernité occidentale). 

Cette diversité est issue d’une série d’incarnations historiques successives. Le pape Pie II (1405-1464) fut le premier à dire aux princes chrétiens querelleurs de se penser comme « européens » pour refouler les Ottomans après la prise de Constantinople. L’« Europe » se substitua à la « Chrétienté » déchirée par les guerres de Religion. Il en resterait un fantasme d’unité à préserver ou retrouver, qui perdure : les voix dissidentes

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