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N°137

11 janvier 2017

Sommaire
Édito

Gauche : ce que dit Taubira


À la veille du premier débat de la primaire de la Belle Alliance populaire, le 1 dresse un état des lieux de la gauche et de ses perspectives autour d’un grand entretien avec Christiane Taubira. L’ancienne garde des Sceaux déplore que la gauche se soit soumise à « l’hégémonie culturelle de la droite », au point de buter aujourd’hui « sur ses propres renoncements ». Avec la langue directe et percutante qui la caractérise, elle presse sa famille politique d’exprimer une vision claire, tant en matières régaliennes et sociales, qu’au sujet de l’Europe et des affaires internationales.

« La gauche bute sur ses propres renoncements »

Dans un long entretien au 1, avec la langue directe et percutante qui la caractérise, l’ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira rappelle à la gauche les causes qui l’ont fondée et insiste sur les objectifs qu’elle doit se fixer pour combattre les injustices, protéger les plus faibles et rendre les institutions bienveillantes envers les citoyens. À ses yeux, la gauche s’est soumise à « l’hégémonie culturelle de la droite », au point de buter aujourd’hui « sur ses propres renoncements ». Mme Taubira presse sa famille politique d’exprimer une vision claire, tant sur le régalien – qui ne saurait se réduire à la « martialité » – et le social, que sur l’Europe (« la gauche a rendu les armes depuis 1986 avec le single market ») et le monde, en mettant l’accent sur l’éthique, la défense des droits de l’homme, la régulation du commerce des armes. Si la gauche est déboussolée, précise l’ex-ministre de la Justice, c’est que « la césure entre ceux qui pensent et ceux qui agissent est devenue trop grande ». C’est aussi pour avoir perdu le goût du débat et de la dispute en son sein que ce camp est à présent désarmé. Les échecs, dit-elle, ne peuvent justifier l’abandon des idéaux.

La gauche peut-elle se réinventer ?

Avant de se réinventer, la gauche doit d’abord se retrouver. Elle a trop cédé aux idées et à la sémantique de la droite, à ses critères de résultat, de performance, de gestion. Elle ne dit plus depuis longtemps le sens de son action. C’est paradoxal car elle a toujours été plus efficace et plus vertueuse que la droite dans la gestion publique, tout en faisant des réformes économiques, sociales et sociétales. Elle connaît maintenant un ressac. Pas un reflux, un ressac : elle ne recule pas seulement, elle bute sur ses propres renoncements. Elle s’est soumise à l’hégémonie culturelle de la droite, au sens où l’a analysée Gramsci, en adoptant ses codes et son langage. Elle a renoncé à ce qui l’identifie. Pourtant, les causes qui font sa raison d’être demeurent.

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Christiane Taubira, femme politique

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