Récit

Elle s’appelle Calais

Je suis donc parti m’installer à Londres, comme un demi-million d’autres Français. L’Eurostar a sans doute traversé Calais à un moment mais je ne m’en suis pas aperçu. J’ai passé le trajet au bar, à boire des bières blondes, à la manière des Anglais. On se doit de respecter la culture et les valeurs d’un pays.

J’ai payé mon loyer d’avance et personne ne s’est plaint quand j’ai emménagé dans mon appartement à Clapham. Peut-être que si vous êtes blanc et que votre parcours migratoire est suffisamment pathétique (du IXe arrondissement, où tout vous rappelle votre ex-femme, jusqu’à ce Paris miniature qui ne vous aide pas à oublier), alors personne ne vous accuse de ne pas être un authentique réfugié, ou de faire ça uniquement dans l’optique d’une vie meilleure.

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Calais, une  honte française
Cet article est tiré du numéro Calais, une honte française
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